Les beurettes, le fantasme numéro 1 des français

Fin d’année 2016, le célèbre site PornHub a sorti son rapport annuel. Ce dernier affiche notamment les meilleures tendances et les plus grosses recherches effectuées par les visiteurs. Ainsi, les mots « arab » et « beurettes » ont été les deux termes les plus recherchés de 2016. Aux États-Unis, on aime les lesbiennes, au Canada, on aime les « teen », en Italie on aime les « milf » et en France, on aime les « beurettes ». Un chiffre que corroborent plusieurs gros sites 100% francophones comme Roadsexe qui annonce qu’il s’agit de la catégorie la plus visitée devant « lesbienne » et « amateur », et a des années lumières de  « teen » ou  « milf ».

Qu’est-ce qui explique cette fascination française pour les beurettes ? Voici les réponses possibles.

La sexualisation de la beurette

À la base, le terme beurette est une féminisation du terme « beur ». Si vous tapez « beur » dans votre barre de recherche vous avez de grandes chances de tomber sur des joueurs de foot ou sur une photo de l’équipe de l’émission de radio « BeurFM ».

En revanche, si vous tapez « beurette », vous tombez sur des sites pornos ou des images de femmes très sexy. Ainsi, la signification de « beurette » a radicalement changé avec le temps pour devenir quelque chose de très sexualisé.

La transgression d’un interdit

Que la beurette soit voilée ou non, ce qui attire c’est le fait qu’elle transgresse un interdit (souvent religieux) qu’elle se lâche et se révèle être une affamée du sexe. Et puis, il y a d’autres idées liées à la virginité (clichées ou non). Par exemple que la beurette veut rester vierge mais n’est pas contre la sodomie.

C’est ainsi, avant tout cette représentation de l’interdit et de la soumission qui caractérise l’idée que l’on se fait de la beurette et qui excite. D’ailleurs, la beurette excite beaucoup les hommes quand elle est voilée, à la manière de la cornette des bonnes sœurs qui fascinaient dans les années 60 et 70.

La beurette : le fantasme social

Selon Fatima Ait Bounoua, professeur de lettres modernes, l’image de la beurette est avant tout un fantasme social. C’est le fantasme de cette femme soumise, frustrée et censurée par une cluture très patriarcale qui l’oppresse de toute part.

C’est ce qu’expliquaient les sociologues Eric Fassin et Mathieu Trachman, interviewés par le site rue89, « elles représentent plus un fantasme social que sexuel, elles seraient celles qui sont privées de sexe, celles qui seraient encore soumises à leur culture patriarcale ».

Ainsi, elle n’existe que pour être dévoilée, mais pas par n’importe qui, dévoilée par des blancs. D’ailleurs, dans les films pornos, les beurettes sont principalement en contact avec des acteurs blancs et européens / occidentaux.

La beurette serait préférée aux femmes européennes qui aiment le sexe, libérées, et qui aiment ce qu’elles font, pour la simple et bonne raison que cette femme indépendante peut parfois faire peur au genre masculin.