Le voile devenu fétiche pornographique

Actuellement, si la beurette est sur les devants de la scène pornographique en France, le « hijab porn » commence également à se faire connaître. Ce style de film à pour vocation de dévoiler les musulmanes voilées.
Ainsi, dans le film « Femmes du Moyen Orient », on retrouve des femmes arabes nues sous un cours niqab et portant des bottes noires en cuir de domina. L’une d’elles traîne au bout d’une chaîne un homme blanc qu’elle va soumettre tout au long des scènes. Le film montre également une danseuse du ventre en manque de sexe, une ménagère lubrique et une prostituée en burqa.


Le succès montant du « hijab porn »

Le développement du « hijab porn » se fait de plus en plus prononcé depuis quelques années, notamment grâce à ces actrices typées comme Mia Khalifa, star du X libanaise ultra connue en Amérique.
Ainsi, en 2013, Eric Fassin et Mathieu Trachman publiaient un article intitulé « Voiler les beurettes pour les dévoiler. Les doubles jeux d’un fantasme pornographique blanc », témoignant du pourquoi de cette nouvelle tendance.
S’émanciper du patriarcat

Le schéma est souvent le même pour ces actrices. Elles représentent des femmes vierges, mais débauchées, qui n’ont qu’une envie : celle de se libérer du joug de ces insupportables machos arabes, pour mieux se soumettre aux désirs des hommes blancs, purs occidentaux. Plus qu’un fantasme purement sexuel, la beurette voilée d’un hijab, d’un niqab ou d’une burqa représente un fantasme social.
Aboudrar Bruno Nassim, professeur d’esthétique à l’Université Paris 3 explique que : «  Le recyclage de symboles élevés ou, si l’on préfère, leur avilissement est un procédé classique de la pornographie, et il ne concerne pas que le hijab […] Au début du XXe siècle, on voit apparaître dans les films et photos pornographiques pas mal de cornettes de bonnes sœurs, de coiffes d’infirmières, de gants de mondaines ».
Pourquoi c’est une fascination principalement occidentale ?

Le niqab, le hijab et la burqa fascinent les occidentaux qui se font l’idée que cet accessoire est principalement musulman et qu’il est là pour témoigner de la féminité de ces femmes orientales. Ces habits fascinent et excitent parce-qu’ils ne sont pas compris par les européens, qui ne les voient que comme des instruments de frustrations et d’interdictions qu’il faut enlever.

Dans la peinture orientaliste, la femme nue, sans niqab est représentée comme humiliée (dans une vente d’esclaves par exemple) ou dans une scène d’intimité dans un hammam qui ne devrait pas être vu par les hommes. Déjà, il y a des dizaines d’années, les habits de la femme arabe fascinent et excitent l’imaginaire des hommes.